Dans l’idée de préparer les échéances plus longues prévues pour le printemps et l’été, j’avais décidé, un peu au dernier moment de participer au Trail de Gruissan.

D’abord tenter par la distance de 25kms, je me ravise pour le 18kms plus cool et surtout programmé le samedi après‐midi, contre le dimanche matin très tôt pour le 25. Cela me laissait en plus la journée du dimanche pour profiter des falaises de la Clape et d’un long week end méditerranéen. Il s’agissait aussi de faire une course dans un relief typique du bord de la Méditerranée, histoire de préparer le trail du Cap de Creus à Rosas en Catalogne prévue pour le mois de mai.

Jalabert Côté météo, ce samedi s’annonce parfait, avec un soleil généreux, sans vent et des températures de printemps, le bonheur donc, c’est beau … J’arrive donc plutôt joyeux sur la ligne de départ pour un jolie petit entraînement de 18km dans le massif de la Clape et accompagné pour l’occasion d’environ 700 participants, parmi des illustres comme les frères Jalabert, Nico et Lolo, célèbres cyclistes du 20ième siècle et Tarnais d’origine. Ils sont tous les deux semble‐t‐il plutôt affuté. L’ancien des deux frangins profite de sa notoriété toujours intacte pour signer quelques autographes sur la ligne de départ et poser pour quelques photographies. Le plus jeune des frangins, quant à lui, est clairement annoncé comme favori, frais vainqueur du 13kms de la Romeufontaine. Pour ma part, j’ai beau faire le tour de la liste des favoris, je ne vois pas mon nom, ce qui me conforte dans mon idée de me la jouer cool pour ne pas créer une surprise qui mettrait dans l’embarrât l’organisation !...

Image2Première surprise d’ailleurs lorsque, alors que je me crois bien placé sur la ligne de départ à gauche du peloton, le speaker annonce que l’on part vers la droite, me reléguant du coup de l’autre côté de la tête de course. Au coup de feu, je décide donc de m’employer, histoire de remonter un peu tout ça, aidé par le large chemin que l’on emprunte pendant les 2 premiers kilomètres. Mais très vite, après un joli passage en bordure de vigne, les difficultés commencent par une belle butte bien raide d’une centaine de mètre de dénivelé où ça bouchonne sévère. Situation classique donc dans les départs de trail si on ne se place pas bien au départ, et bien on poirote gentiment en attendant de passer. Pour ma part, j’arrive difficilement à doubler, me faufilant par ci par là, malheureusement au prix d’efforts que je ne comptais pas trop faire. J’arrive finalement à m’extraire du bouchon en haut de la butte passablement entamé. La suite est plus simple, suivant un chemin forestier dans les sapins, d’abord en faux plat montant, puis en descente, et déjà les paysages sont splendides avec une belle vue sur la « baie des anges » de Gruissan, C bôôôô … Je profite de cette première descente pour continuer à remonter le plus possible, et je double à l’occasion Richard et Magalie qui ont décidé de faire cette course ensemble.

Après cette première petite descente, et sentant que j’en demande un peu trop à la machine, je décide de réduire radicalement le rythme et attaque la suite des hostilités au petit trot. La suite est du même acabit, cela se résume à une montée très progressive vers les hauteurs de la Clape, en empruntant un chemin forestier au milieu de la végétation méditerranéenne, avec quelques buttes plus raides. La météo printanière rend la progression hyper agréable et c’est avec plaisir que je trottine, manque plus que les cigales et un bon pastis.

Arrivée en haut de la Clape, on attaque la première descente plutôt technique. Aimant beaucoup les descentes, c’est pour moi le meilleur moment qui commence. Et je ne serai pas déçu, la descente raide et caillouteuse me plaît et je me laisserais bien prendre par mon élan. Hélas, ce n’est pas la même chose pour tout le monde, et je me retrouve bloqué derrière un petit groupe de coureur beaucoup moins à l’aise !! Comme nous évoluons dans des singles assez serrés, il est quasiment impossible pour moi de doubler, et lorsqu’une fenêtre de passage se présente, j’en profite pour dépasser quelques membres de mon petit groupe. Mais globalement, je patiente tranquillement jusqu’à la fin de la descente.

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Arrivée en bas, on enchaîne avec une nouvelle montée d’abord sur chemin forestier, puis dans un single assez raide mais court, et enfin à travers un petit canyon sec en léger plat montant mais très caillouteux. Je connais bien ce coin puisqu’il s’agit d’un chemin d’accès à une falaise d’escalade où j’ai l’habitude d’allé grimper. Je retrouve pour l’occasion mon allure de montée tranquille et me colle dans un groupe qui avance à mon rythme, bien que la personne devant moi manque de trébucher plusieurs fois. Au sommet de cette montée, une nouvelle fois la vue est superbe sur toute la région, C bôôôô … La descente, à flanc de falaise, est d’abord très raide et technique, et je me retrouve à nouveau bloquer derrière des coureurs pas très dégourdis. Mais cette fois‐ci, au prix de quelques sauts de‐ci de‐là, j’arrive à me faufiler, et me retrouve devant le groupe. La descente se poursuit sur un chemin très raide fait de zone de terre ou alors de tas de gravier sur le côté. J’utilise alors la technique de la ramasse, vieille pratique de descente montagnarde, qui consiste à utiliser les tas de gravier croulant comme une pente de neige et de profiter du glissement du tas vers le bas pour glisser avec lui : la technique de l’ancien ! Du coup, je profite des bas‐côtés croulants pour descendre rapidement en quelques foulées, doublant par l’occasion de nouveaux concurrents qui ont préféré la partie terreuse très glissante. Certain, mécontent semble‐t‐il du terrain, me lance à l’occasion quelques invectives et autres noms d’oiseaux.Image4

On enchaîne ensuite à nouveau par une nouvelle montée superbe dans les sapins. La course s’est enfin décantée, et je me remets à mon allure tranquille de montée, profitant pleinement du paysage, C bôôôô … Cette portion est plutôt en faux plat montant et on peut donc courir tranquillement. Ayant oublié ma montre GPS, je ne sais pas du tout ou j’en suis dans le parcours, et sans la pression du chronomètre, et par mesure de précaution, je ralenti encore le pas sur cette partie (bon j’en chie je fatigue un peu aussi). Je me fais doubler alors par la future 6ième féminine qui a moi en plein effort La technique de l’ancien, passer là où y’a le plus de gravier des allures de coureuse kenyane et est en pleine bourre. Je la laisse partir pour la retrouver un peu plus loin, je la doublerais dans la nouvelle descente qui s’annonce. Celle‐ci se passe dans une forêt de sapin et sous forme d’un single très ludique, surement emprunté régulièrement par les VTT. J’y lâche les watts et me régale, et après avoir doublé un petit groupe de personne moins à l’aise, je prends le large pour déboucher sur une vigne puis enfin au ravitaillement. Je ne m’y arrête pas et continu par une nouvelle section montée‐descente mais qui commence cette fois‐ci par un long plat de 1km environ au milieu des vignes et des amandiers en fleur. La future 6ième féminine, pensionnaire du Castres Athlétisme Club, en profite pour me redoubler, mais cette fois‐ci je ne la reverrai qu’à l’arrivée. Une athlète castraise de dos au milieu des amandiers en fleur, C bôôôô …

Image5On enchaîne par une nouvelle montée toujours dans les sapins pour arriver à un beau point de vue et redescendre par un super single dans la forêt. Cela pourrait sembler monotone, mais en fait on ne s’en lasse vraiment pas. Une nouvelle fois, je monte tranquillement, soit en trottinant, soit en marchant, pour ensuite accélérer dans la descente où je me régale. A la fin de cette nouvelle descente, on a enfin retrouvé le niveau de la mer et on arrive le long de l’étang de Gruissan. Malgré le plaisir de la descente, je sens que celle‐ci a laissé des traces et que je n’en sors pas si indemne que ça physiquement. En plus, la suite n’est pas simple pour moi, 2 km de plat le long de l’étang, puis une petite butte raide suivi de la descente qui va avec, et enfin la voie finale vers l’arrivée pendant 2 kms de plat. Et les plats, ce n’est pas mon fort, sauf peut‐être à la piscine. J’en profite pour vraiment ralentir, aider en cela par ma fameuse pointe de vitesse sur le plat (travaillée pourtant avec les meilleurs spécialistes jamaïquains) qui plafonne vraiment à pas haut en ce samedi après‐midi. Image6Après ce premier bout droit, arrive la butte que j’avale tranquillement, et avant une descente très ludique une nouvelle fois, j’en profite pour me rincer une dernière fois l’œil sur ce jolie paysage méditerranéen, C bôôôô … Je fini au petit trot forcé les derniers kms le long de l’étang pour franchir la ligne d’arrivée ravie par ce jolie parcours. Côté perf, sans m’en rendre compte, je boucle ce trail en 1h53 et à la 115ième position sur les 680 finishers, ce qui n’est pas si mauvais, et surtout bien impatient de retrouver ce type de paysage et relief en mai au trail de Rosas, car la Méditerranée, C bôôôô.

A retenir : très beau trail, plutôt roulant et pour coureur rapide, en tout cas dans sa version 18kms, avec de long faux plat montant où l’on peut courir, de petite butte très raide et de superbe descente technique où je me suis régalé. Le tout est super bien organisé (la bouteille de vin en prime), avec un beau feu d’artifice le soir sur l’étang de Gruissan. A faire et à refaire. Ne manquait que que les cigales et le pastis !

 

Note : Les photos ont été gentiment empruntée au site http://www.lepape-info.com/, Merci à eux.